L'homme et ses corps



   La confusion entre l'être conscient et ses véhicules, entre l'Homme et les vêtements qu'il porte, est chose si fréquente, qu'il nous a paru utile de mettre sous les yeux de l'étudiant en Théosophie un exposé simple et net des faits, tels qu'ils nous sont connus. Nous sommes arrivés, dans nos études, à un point où bien des choses jadis obscures et vagues sont devenues claires et précises, et où beaucoup d'enseignements, acceptés d'abord à titre purement théorique, se sont transformés pour nous en faits de connaissance directe. D'où la possibilité d'établir un classement méthodique de ces faits vérifiés, faits dont l'observation pourra se renouveler indéfiniment à mesure que de nouveaux étudiants développeront en eux-mêmes les facultés nécessaires. Et nous pouvons parler de ces faits avec la certitude du physicien traitant d'autres phénomènes observés et classifiés. Mais, tout comme le physicien, le métaphysicien est sujet à l'erreur : le champ de notre connaissance s'élargit sans cesse, les faits anciens s'éclairent de lumières nouvelles, leurs rapports sont plus clairement perçus, et leur aspect se modifie. Le plus souvent, ces changements surviennent parce que le nouveau jour sous lequel on voit les choses montre comme n'étant qu'un fragment ce qui autrefois paraissait être un tout. D'ailleurs, nous ne nous réclamons d'aucune autorité pour les idées que nous allons émettre ; étudiant, nous les offrons à d'autres étudiants, comme tentative de reproduire des enseignements reçus, quoique imparfaitement compris peut-être. Nous y joignons aussi, de la part des disciples eux-mêmes, les quelques résultats d'observation que leurs pouvoirs limités leur ont permis d'obtenir.

   Au début de notre étude, la nécessité s'impose, pour le lecteur, de modifier le point de vue auquel il a coutume de se considérer lui-même. Il faut qu'il parvienne à établir une distinction nette entre l'Homme et les divers corps où l'Homme réside. Nous sommes trop habitués à nous identifier avec les vêtements que nous portons, trop enclins à considérer nos corps comme étant nous-mêmes. Pour arriver à une conception vraie de notre sujet, il faut abandonner ce point de vue et cesser de nous identifier avec de simples enveloppes que nous revêtons pour un temps, et que nous dépouillons ensuite, pour en revêtir d'autres lorsque le besoin s'en fait de nouveau sentir. Nous identifier avec ces corps qui n'ont qu'une existence passagère est aussi enfantin et aussi déraisonnable que de prétendre ne faire qu'un avec nos habits. Ce n'est pas d'eux que nous dépendons ; leur valeur est proportionnelle à leur utilité.

   Cette erreur si constante, l'identification de notre être conscient, de notre « Ego », avec les véhicules où il fonctionne momentanément, a pour seule excuse ce fait, que notre conscience à l'état de veille, et partiellement aussi à l'état de rêve, vit et opère dans le corps, et n'est pas connue indépendamment du corps ; ceci du moins chez l'homme ordinaire. Il nous est cependant possible de comprendre intellectuellement le réel état des choses, et nous pouvons, par un entraînement facile, nous habituer à considérer notre « Ego » comme le maître de ses véhicules. Avec le temps, ce sera là pour nous une réalité tangible, lorsque, par l'expérience, nous aurons appris à séparer notre « Ego » de ses corps, à sortir de notre véhicule physique, et à savoir que, hors de lui, nous jouissons d'une bien autre plénitude de conscience qu'en lui. Alors, et alors seulement, nous aurons la certitude absolue de ne dépendre aucunement de nos enveloppes. Cela fait, toute confusion de notre « Ego » avec ses corps sera désormais impossible, jamais plus nous ne pourrons commettre cette méprise de nous imaginer que nous sommes les vêtements que nous avons sur le corps. En attendant, la claire compréhension de la chose est, dès maintenant, à notre portée à tous. Nous pouvons donc nous entraîner à la distinction habituelle entre l'« Ego », c'est-à-dire l'Homme, et ses corps. Cette simple détermination suffit à nous sauver de l'illusion qui enveloppe de ses plis épais la majeure partie du genre humain ; elle modifie complètement notre attitude envers la vie et envers le monde ; car elle nous transporte en une région sereine, au-dessus des changements et des hasards de cette vie mortelle, au-dessus des tourments journaliers et mesquins qui, pour la conscience incorporée, prennent des proportions si colossales. Nous apprécions, dès lors, à leur juste valeur relative, les choses qui changent sans cesse et celles comparativement permanentes ; et nous éprouvons toute la différence qu'il y a entre le naufragé heurté et ballotté par les vagues prêtes à l'engloutir, et l'Homme dont le pied repose sur un roc, à la base duquel la houle déferle inoffensive.

   Par « Homme », j'entends donc désigner l'« Ego » vivant, conscient, pensant, c'est-à-dire l'Individualité. Par « corps », j'entends les divers revêtements qui enveloppent l'« Ego », chacun de ces revêtements lui permettant de fonctionner dans quelque région déterminée de l'Univers.

   Un voyageur, désireux de se transporter sur terre, sur mer ou dans les airs, emploiera une voiture, un vaisseau ou un ballon, selon le milieu où il désire se mouvoir. Mais ces véhicules divers ne modifient nullement son identité à lui, voyageur. Il en est de même pour l'« Ego », l'Homme véritable, qui reste lui-même, quel que soit le corps dans lequel il fonctionne. Et comme la voiture, le bateau, le ballon, diffèrent par leurs matériaux et leur construction, selon l'élément où chacun doit se mouvoir, de même les corps de l'Homme varient selon l'ambiance dans laquelle ils sont destinés à agir.
 
   La densité de leur substance, la durée de leur vie, les facultés dont ils sont doués, dépendent du rôle qu'ils ont à remplir ; mais ils ont tous ceci de commun, que, relativement à l'Homme, ils sont transitoires. Ils sont ses instruments, ses serviteurs, s'usant et se renouvelant selon leur nature, s'adaptant aux besoins variables de l'Homme et à ses pouvoirs croissants.
 

source : L'homme et ses corps, par Annie Besant

 


   
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